Pourquoi la France perd des parts de marché ? 07/02/2017
Chapitre1 : Marchés, climat des affaires : à quand le retour de balancier ?William DE VIJLDER
Chapitre2 : Pourquoi la France perd des parts de marché ?Jean-Luc PROUTAT
Chapitre3 : Corée du Sud : Encore dépendante de son secteur exportateurHélène DROUOT

Les parts de marché de la France à l'exportation se stabilisent, mais après avoir beaucoup baissé. Explications.

TRANSCRIPT // Pourquoi la France perd des parts de marché ? : février 2017

François Doux : Pour ce graphique du mois nous parlons de la France et de sa place dans le commerce international mondial. Bonjour Jean-Luc Proutat.

 

Jean-Luc Proutat : Bonjour François.

 

François Doux : Jean-Luc, sur ce graphique on le voit : la France perd des parts de marché au niveau des exportations mondiales. On était aux alentours de 6% à la fin des années 90, aujourd’hui on est à peine à 3%. Pourquoi ?

 

Jean-Luc Proutat : On peut commencer par dire que ce n’est pas un phénomène propre à la France. Tous les grands pays développés connaissent des pertes de parts de marché depuis une vingtaine d’années, y compris l’Allemagne. C’est simplement lié au fait qu’il y a de plus en plus d’acteurs sur la scène du commerce international. Avec 3% de part de marché, la France reste au cinquième ou sixième rang des exportateurs mondiaux.

 

François Doux : Donc, tout ne va pas si mal ?

 

Jean-Luc Proutat : Alors effectivement, on pourrait penser que tout ne va pas si mal. Ceci dit, la France a structurellement des difficultés à équilibrer sa balance commerciale. Et elle a perdu beaucoup de parts de marché, davantage que ses principaux voisins et concurrents. 

 

François Doux : Et de ce fait, l’appartenance à la zone Euro a-t-elle eu un impact ?

 

Jean-Luc Proutat : C’est difficile de dire que cela a eu un impact parce que la France appartient à la zone euro mais le Royaume-Uni, qui n’est pas dans la zone Euro, a connu également une érosion assez importante de ses parts de marché. En fait, on relève surtout les difficultés propres à la France à rester compétitive sur ces marchés mondiaux.

 

François Doux : La fameuse question des coûts de production.

 

Jean-Luc Proutat : C’est la question des coûts de production mais pas seulement. Il est vrai que depuis une vingtaine d’années, les entreprises françaises ont connu une hausse assez marquée de leurs coûts salariaux, notamment indirects, comme les cotisations employeurs. C’est une des causes que relève l’Insee pour expliquer ce phénomène, mais aussi la compétitivité hors coûts. Tous les services attenants attachés aux produits que l’on exporte : marketing, commercialisation, service après-vente, qualité perçue des marques. Et là, notamment vis-à-vis de l’Allemagne, on a perdu quelques rangs.

 

François Doux : Quand on regarde cette courbe, depuis 2012/2013 cela se stabilise, voire cela se redresse un peu, pourquoi ?

 

Jean-Luc Proutat : On peut penser à la baisse de l’euro, c’est un facteur d’explication. Mais aussi, dans le sillage du rapport Gallois, à la réorientation de la politique économique plus favorable aux entreprises et à l’offre qui a permis de stabiliser la compétitivité-coût de la France à l’exportation.

 

François Doux : Merci Jean-Luc Proutat pour ce point sur les exportations françaises.

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