eco TV
Politique monétaire : quelles actions ? 12/04/2017

De la même façon que pour les objectifs, les instruments utilisés différent d’une banque centrale à une autre, et surtout d’un point à l’autre du cycle.

TRANSCRIPT // Politique monétaire : quelles actions ? : avril 2017

François Doux : Parlons à présent des actions de ces banques centrales. Du côté de la Réserve fédérale américaine, que se passe-t-il en 2017 ?

 

Alexandra Estiot : En mars, la Fed a relevé ses taux de 25 points de base et les anticipations des membres du FOMC, qui sont illustrées par ce graphique, montrent deux voire trois hausses de taux supplémentaires cette année. L’économie américaine est proche du plein emploi. Les pressions à la baisse sur les prix sont en train de se dissiper. Les perspectives de croissance sont bonnes, donc il faut continuer de normaliser la politique monétaire. Mais il s’agit d’être tout de même prudent, puisqu’il y a des incertitudes sur la persistance d’un déficit de production, l’existence d’un output gap négatif et par ailleurs, le niveau de neutralité pour les taux est très faible.

 

François Doux : Du côté de la zone euro, les actions de la Banque centrale européenne sont déjà bien engagées.

 

Thibault Mercier : La Banque centrale européenne, depuis mi 2014, a adopté une politique que l’on qualifie de non-conventionnelle. Elle est caractérisée par trois politiques : des taux d’intérêts négatifs, des opérations de refinancement des banques à long terme et le QE, c’est-à-dire l’achat direct d’actifs, notamment des dettes publiques, par la banque centrale.   

 

François Doux : Alors en 2017, qu’est-ce qui devrait se passer ?

 

Thibault Mercier : En 2017, on s’attend grosso modo à un maintien de cette politique. Il pourrait y avoir quelques ajustements techniques, notamment en ce qui concerne les taux négatifs. Mais dans l’ensemble, une stabilité de la politique monétaire qui restera donc très accommodante.

 

François Doux : Parlons à présent des actions de cette Banque centrale de Chine, quelles sont-elles ?

 

Christine Peltier : La banque centrale a d’abord recours aux taux d’intérêt de référence sur les prêts et les dépôts. Il n’existe plus de contrôle sur les taux d’intérêt en Chine depuis octobre 2015, mais elle continue de publier ces taux de référence parce que les banques commerciales les utilisent pour déterminer les taux qu’elles proposent à leurs propres clients. Or, ces taux de référence n’ont pas été changés, ils sont restés stables depuis fin 2015. Par contre, la banque centrale a resserré sa politique monétaire via ses opérations de gestion de la liquidité dans le secteur financier. On a vu les taux repo remonter depuis le dernier trimestre 2016. La banque centrale a également augmenté les taux utilisés sur ce qu’on appelle les facilités de financement, qui permettent de fournir de la liquidité à certaines institutions bien ciblées.

Donc on voit bien là la prudence de la banque centrale qui, d’une part, ne monte pas les taux sur les crédits aux ménages et aux entreprises, pour ne pas peser sur la croissance. Mais d’autre part, la banque centrale augmente les taux utilisés sur le marché interbancaire, parce qu’elle veut contenir le recours à ces financements interbancaires, qui ont fortement augmenté depuis 2/3 ans. Ils sont notamment utilisés par les petites institutions financières, bancaires et non-bancaires, et tendent à aggraver les risques financiers.

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

EcoWeek change ! 09/06/2017
Chers lecteurs, Le format d'EcoWeek change. Vous y trouverez désormais le graphique de la semaine, un aperçu des principales données économiques et nos principaux scénarios économiques. Nos articles analytiques seront dorénavant publiés dans nos EcoFlash. Bonne lecture !
Climat : les Etats-Unis quittent l'Accord de Paris 07/06/2017
La semaine dernière, le président américain Donald Trump annonçait le retrait de son pays de l’accord sur le climat signé à Paris. Celui-ci vise à limiter le réchauffement climatique mondial sous le seuil des 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette décision porte un coup sérieux à cet accord sur le climat, les Etats-Unis étant un de plus grand émetteur de GES (le 2e après la Chine), mais aussi de carbone par habitant (loin devant l’Europe, la Chine et l’Inde). Néanmoins, l’engagement en faveur du climat reste fort au niveau mondial. Même en l’absence de réglementation, les entreprises ont déjà anticipé l’évolution de la législation, en intégrant par exemple le prix du carbone dans leurs décisions d’investissement. Une telle démarche s’explique par les pressions de plus en plus fortes exercées par le secteur financier sur l’industrie pour réduire les émissions de GES. Les investisseurs exigent de plus en plus des informations relatives aux impacts sur le climat pour mieux évaluer leur exposition à ce type de risque.
Un momentum en perte de vitesse 02/06/2017
Spectaculaire depuis un an, la hausse des indices de conjoncture s’assagit. Un ralentissement qui n’a rien d’étonnant.
Synchronisation de la reprise mondiale et européenne: facteurs communs ou coïncidence? 09/05/2017
Depuis l'été 2016 la conjoncture mondiale s'est nettement améliorée. Ce mouvement, qui est général dans les pays avancés et qui se manifeste également dans beaucoup de pays émergents, est porté par un ensemble de facteurs (monétaire, pétrole, Chine, etc). La synchronisation est également très nette en zone euro grâce entre autres à la politique de la BCE, la reprise du commerce international, un euro compétitif. La convergence du momentum cyclique cache toutefois des différences en termes de taux de croissance et surtout au niveau des caractéristiques structurelles comme les finances publiques et le chômage.
Prix du pétrole, un faux rebond ? 05/05/2017
 Les prix du pétrole plafonnent. Pourtant, la croissance mondiale accélère. Paradoxe temporaire ?
Immobilier résidentiel : quelle vulnérabilité aux hausses de taux d'intérêt ? 27/04/2017
Alors que les taux d’intérêt restent proches de leurs plus bas historiques et que les signes d’une remontée de l’inflation mondiale se multiplient, une question centrale se pose : celle de la vulnérabilité des marchés de l’immobilier résidentiel à une hausse des taux. Il convient d’abord d’examiner les ratios de valorisation. Nous étudions ici le rapport du prix de l’immobilier résidentiel au revenu disponible des ménages sur quarante ans pour un échantillon de 21 pays. L’échantillon comprend 47 phases d’expansion du secteur immobilier (la phase d’essor médiane dure 5,5 ans et s’accompagne d’une augmentation de 45% du rapport du prix du logement au revenu disponible des ménages) et 36 phases de contraction du secteur immobilier (la période de récession médiane est de 6 ans et s’accompagne d’une baisse du ratio prix-revenus de 34,4). Au-delà des ratios d’évaluation, un fort endettement peut être une source de risque. Or, l’endettement des ménages a considérablement baissé dans la plupart des pays développés au cours des cinq dernières années.
Politique monétaire : quels objectifs ? 12/04/2017
Unique pour la BCE, dual pour le Fed et multiples pour la PBoC, les objectifs peuvent être très différents d’une banque centrale à une autre.
Politique monétaire : quelle efficacité ? 12/04/2017
Il est assez consensuel de conclure à l’efficacité des politiques monétaires. Reste que les banquiers centraux ne sont ni omnipotents, ni infaillibles.
La conjoncture au printemps 2017 12/04/2017
Au printemps 2017, les indicateurs d'activité sont bien orientés en Europe comme aux Etats-Unis. Proche de 2% par an, la croissance en zone euro est plus dynamique. Elle est aussi mieux répartie, les cycles conjoncturels des Dix-Neuf tendant à s'harmoniser. Les Etats-Unis enregistrent une reprise des activités liées au pétrole et gaz de schiste ; l'investissement des entreprises devrait y avoir rebondi en début d'année. L’inflation accélère, sous l’effet du renchérissement du pétrole ; elle dépasse la cible officielle des 2% aux Etats-Unis, et s’en rapproche en zone euro. Les banques centrales mènent cependant des politiques antagonistes : hausse des taux d’intérêt pour la Réserve fédérale américaine, maintien à zéro et achats de titres pour la Banque centrale européenne.
Du mieux partout... ou presque 07/04/2017
Les indicateurs d'activité s'améliorent dans la plupart des pays développés.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1539 articles et 390 vidéos