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Le calendrier importe 09/05/2017

Les négociations en vue du Brexit commenceront bientôt. Elles pourraient s’étendre et être plus compliquées que ce qu’espéraient les Britanniques. Theresa May a ainsi décidé d’appeler des élections anticipées.

TRANSCRIPT // Le calendrier importe : mai 2017

François Doux : Le Royaume-Uni est en campagne électorale sur fond de Brexit. Alexandra Estiot, bonjour.

Alexandra Estiot : Bonjour

François Doux : Pour le graphique du mois, nous avons le taux de change effectif de la livre sterling, c’est-à-dire contre un panier de devises. Depuis 2016, on note une belle inflexion de la courbe. Pourquoi ?

Alexandra Estiot : La chute est liée au vote en faveur du Brexit, quand les Britanniques se sont prononcés pour la sortie de l’Union européenne. La livre souffre alors à la fois des perspectives de croissance à court terme et de la réaction anticipée de la banque d’Angleterre (assouplissement monétaire) et des craintes quant à l’attractivité et donc sur les perspectives de croissance à moyen terme.

Ensuite, on a été rassuré sur quelques points et c’est au fil des annonces politiques que la livre a évolué.

François Doux : Justement, les annonces politiques, ces élections anticipées, pouvaient attendre 2020. Finalement, le 8 juin 2017 auront lieu ces élections générales provoquées par le premier ministre Theresa May. Pourquoi ?

Alexandra Estiot : Pourquoi ? Deux décisions en fait ont été prises depuis le début de l’année. Au niveau du Royaume-Uni, la cour suprême a statué que c’était au Parlement d’avoir le dernier mot sur le Brexit et non au gouvernement. On a aussi eu des annonces côté européen. Sachant que la majorité conservatrice est assez fine, et que les négociations pourraient durer, la tâche pour Theresa May, c’est d’assurer sa base.

François Doux : Et donc une dernière question, le calendrier des négociations est le plus important maintenant au Royaume-Uni. Comment l’analyser ? Que faut-il suivre ?

Alexandra Estiot : Alors déjà, le sous texte. Le sous texte est très important, notamment parce qu’il a été validé par le Parlement qui a décidé de suivre les recommandations de la Commission européenne. Ce calendrier dit que l’on fait les choses les unes après les autres. C’est-à-dire que l’on contre la stratégie britannique qui aurait été de négocier un peu tout en même temps de façon à avoir des avancées sur les points qui les intéressaient eux et de faire pression sur les Européens sur d’autres points. L’Europe a dit non, ce n’est pas comme ça qu’on fait les choses, on commence par des sujets importants pour nous, et ensuite on verra.

François Doux : Sujets importants ?

Alexandra Estiot : La facture. Les Britanniques vont devoir la solder avant de sortir. Ils se sont engagés sur de nombreux éléments, il va falloir payer. Le deuxième élément, qui est très compliqué, et particulièrement épineux pour le Royaume-Uni, c’est la question irlandaise. Et donc, ce que dit l’Europe, c’est on règle d’abord ces questions et ensuite à la fin, à la toute fin, on se préoccupera des accords commerciaux qui est  le point qui intéresse réellement les Britanniques.

François Doux : Alexandra, merci. On aura plein de choses à vivre ensemble dans les mois à venir sur le Royaume-Uni.

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