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Zone euro : nouvelles propositions de réformes de la Commission européenne 09/01/2018

Zone euro : On assiste à une tentative de relance de plusieurs grands chantiers européens en 2018. Début décembre la Commission a présenté ses propositions pour le fonctionnement de la zone euro. Au menu, budget commun, création d'un fonds monétaire européen... 

TRANSCRIPT // Zone euro : nouvelles propositions de réformes de la Commission européenne : janvier 2018

- Trois questions à présent sur l’Union européenne où se prépare un train de réformes concernant le fonctionnement des institutions. Frédérique Cerisier, bonjour.

- Bonjour.

- Frédérique, en décembre dernier, la Commission européenne a esquissé un nouveau projet pour le budget de la zone euro. Que faut-il en déduire ?

- Pour le moment on retient surtout que c’est un projet un peu fourre-tout, puisqu’il aura à la fois la fonction de favoriser la convergence des pays candidats à l’entrée dans la zone euro, de soutenir les réformes structurelles dans les Etats membres, et de soutenir l’activité d’un pays qui ferait face à un choc spécifique. A première vue, on a l’impression qu’ils n’ont pas voulu choisir entre une vision très allemande du budget européen d’aide aux réformes et une vision beaucoup plus française d’outil de stabilisation économique. Cela dit, dans la pratique on voit bien que le soutien conjoncturel va rester exceptionnel et très limité, ciblé sur les investissements. Dernier point, tout cela va aussi dépendre de la taille des fonds alloués à ce projet. Et cela se décidera au sein du budget pluriannuel de l’ensemble de l’UE qui fait l’objet, on le sait, de négociations très difficiles et complexes.

- Deuxième volet de la réforme : la gestion des crises, et pourquoi la création d’un fonds monétaire européen ? C’est bien cela ?

- Exactement, oui. Il s’agit de transformer le mécanisme européen de stabilité (MES) en fonds monétaire européen. Actuellement le MES gère uniquement l’apport de fonds dans les programmes d’aide. A l’avenir il aura vraisemblablement un rôle beaucoup plus important dans la gestion des crises. A la fois dans le diagnostic, la mise en œuvre et la surveillance des programmes d’aide. C’est certainement une évolution qui prépare le terrain au retrait des équipes de la BCE et du FMI de la fameuse Troïka. Enfin, ce fonds monétaire européen deviendra le prêteur en dernier ressort des banques en servant de filet de sécurité au fameux fonds de résolution bancaire.

- Troisième et dernière question : le calendrier. Est-ce que les choses vont aller vite en 2018 ?

- Difficile à dire. D’un côté le temps presse, parce qu’on entame clairement la dernière année de travail utile à la Commission européenne avec les élections du printemps 2019. De ce point de vue, l’objectif est que les grands arbitrages soient pris à la fois pour ces réformes et pour tous les chantiers européens, d’ici le Conseil européen de juin 2018. En même temps, il va être difficile de mobiliser les énergies sur ces sujets dans les mois à venir alors que des négociations de coalition sont encore en cours en Allemagne, que des élections législatives se préparent en Italie, que l’Espagne devra gérer les suites des dernières élections catalanes. Il y a beaucoup de choses à faire, donc.

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