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Turquie : le côté obscur de la forte croissance 07/02/2018

La croissance du PIB pourrait avoisiner les 7% en 2017, soutenue par une politique budgétaire expansionniste et une conjoncture internationale porteuse (notamment en Europe). Mais cette forte croissance a creusé les déséquilibres macroéconomiques, notamment l’inflation, accentuée par la dépréciation de la livre turque sur fond de tensions (géo)politiques et le rebond des prix du pétrole.

TRANSCRIPT // Turquie : le côté obscur de la forte croissance : février 2018

- Pour le Graphique du mois, direction la Turquie. Sylvain Bellefontaine, bonjour.

- Bonjour.

- La croissance en Turquie devrait avoisiner les 7% en 2017. Quels sont les moteurs de cette croissance ?

 - Vous voyez ici sur le graphique les données lissées en moyenne mobile sur quatre trimestres. Le principal driver de ces derniers trimestres a été l’accélération du crédit, soutenue par le gouvernement et, notamment, par son fonds de garantie du crédit qui a été très largement étendu. Le gouvernement a aussi augmenté ses dépenses, d’investissement notamment. Il a augmenté les salaires et baissé la fiscalité pour soutenir la consommation des ménages. Troisième élément que vous voyez ici avec la courbe orange : le commerce extérieur a été très profitable et a largement contribué à la croissance sur les derniers trimestres, notamment du fait de la bonne conjoncture en Europe.  

- Est-ce que cela devrait continuer en 2018 ?

- En 2018, on attend un ralentissement et il sera bienvenu. En effet, sur ce deuxième graphique, on voit les conséquences d’une croissance très forte et d’une économie en surchauffe : une forte accélération de l’inflation sur la courbe bleue. Vous voyez qu’elle a tout de même atteint  13% au mois de novembre. Elle a un peu ralenti au mois de décembre, mais on finit l’année à plus de 11% d’inflation. Cela s’explique notamment par une forte dépréciation de la livre turque dans un contexte géopolitique vraiment tendu, notamment avec les pays occidentaux, l’Europe et les Etats-Unis. Dans ce contexte, la Banque centrale a dû fortement augmenter ses taux d’intérêt. On est aujourd’hui à 12,75%, mais l’économie devrait ralentir cette année.

- C’est souhaitable. Et pour 2019 ?

- Pour 2019, on attend une petite accélération. Ce sera une année électorale nous pensons donc que le gouvernement relancera sa politique budgétaire expansionniste.

- Novembre 2019, les prochaines élections générales en Turquie. Merci Sylvain Bellefontaine pour ce point.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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