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Angola : Une économie à bout de souffle 12/03/2018

Le nouveau président est mis à dure épreuve car l’économie angolaise souffre lourdement d’un manque d’investissement mais surtout de la pénurie de devises. Malgré les dévaluations et les contrôles de change en place, les pressions sur la liquidité resteront importantes en 2018. Le niveau d’endettement inquiétant oblige le gouvernement à des restructurations.

TRANSCRIPT // Angola : Une économie à bout de souffle : mars 2018

- Direction à présent l’Angola, le 2e pays producteur de pétrole en Afrique. Sara Confalonieri, bonjour.

- Bonjour François.

- Nouveau président de l’Angola depuis 6 mois, monsieur João Lourenço fait face à une baisse structurelle des rentrées de dollars. Or, les cours du pétrole progressent. Pourquoi la croissance ne repart-elle pas en Angola ?

- Le PIB pétrolier ne remonte pas parce qu’il est affaibli par un manque structurel d’investissement et par les quotas de l’OPEP jusqu’à fin 2018. En parallèle le secteur hors-pétrole, qui représente 80% du PIB, est affaibli par une absence de réformes, mais surtout par des restrictions sur les importations et la pénurie de dollars.

- La Banque centrale d’Angola a renoncé à arrimer le Kwanza au dollar. Est-ce que cela va améliorer la liquidité en devises de l’Angola ?

- L’Angola a été obligé de prendre cette décision pour préserver ses réserves de change. Cependant le contrôle de change en place a été maintenu. Il y a  eu une forte dépréciation initiale. Malgré cela, l’écart entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle reste très important. Il y aura donc des dévaluations. Le gouvernement cherche à les limiter le plus possible pour diverses  raisons : une problématique d’inflation importée, la forte sensibilité et la vulnérabilité du secteur bancaire au taux de change et l’alourdissement de la dette extérieure du pays. Au sujet de l’endettement, il faut rappeler que les agences de rating sont très inquiètes et, par conséquent, le gouvernement a entamé des négociations avec ses prêteurs, notamment la Chine, pour échelonner la dette.

- Troisième et dernière question : quelles sont les perspectives 2018 pour l’Angola ?

- Malgré les dévaluations et les contrôles de change en place qui limitent la demande de dollar, les tensions sur la liquidité vont persister. En revanche, nous avons une légère embellie de la croissance grâce à une reprise de la production agricole et à une amélioration de l’approvisionnement énergétique. Le nouveau président cherche aussi à lutter contre la corruption, à faciliter l’investissement étranger en assouplissant des règles d’investissement et en privatisant des entreprises étatiques. Malgré cela, des mesures d’austérité sont en place aujourd’hui et les conditions de vie sont dégradées. Tout cela peut détériorer le climat social de l’Angola à tout moment.

- Merci Sara Confalonieri. On se retrouve dans un mois pour un nouveau numéro d’Eco TV.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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