Graphiques de la semaine
INDE : LA HAUSSE DES PRESSIONS INFLATIONNISTES SE POURSUIT Publié le 18 juil. 2018 par Johanna MELKA
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En juin, les prix à la consommation ont augmenté de 5% par rapport à la même période l’année dernière. Cette hausse reflète le renforcement des coûts des transports (induits par la hausse des prix du pétrole) mais aussi l’augmentation des prix du logement (+8,4% en g.a.).

Même si la hausse des prix reste inférieure à la cible fixée par les autorités monétaires (4% +/- 2 points de pourcentage), la banque centrale a relevé de 25 points de base son taux directeur lors du conseil de politique monétaire de juin. Cette hausse des taux (la 1ère depuis 2014) intervient dans un contexte de tensions sur la roupie, laquelle s’est dépréciée de 7% depuis début 2018. Importateur net de pétrole, le pays n’a pas été épargné par la défiance des investisseurs étrangers depuis le mois d’avril, même si ses perspectives de croissance restent bien orientées et sa vulnérabilité extérieure est modérée. Ses réserves de change atteignent près de USD 406 mds, soit 1,5 fois ses besoins de financement à court terme.

ITALIE : VERS DES BILANS BANCAIRES DE MEILLEURE QUALITÉ ? Publié le 11 juil. 2018 par Thomas HUMBLOT
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Les comptes de résultat du 1er trimestre 2018 des plus grandes banques italiennes indiquent la poursuite du repli du coût du risque* rapporté au produit net bancaire (PNB). Ce ratio, qui traduit la part des revenus bancaires absorbés par la dégradation de la qualité du portefeuille, retrouve ainsi un niveau comparable à celui de 2008.

Le PNB étant relativement stable depuis 2010, les évolutions du ratio sont imputables au coût du risque. Ce dernier s’est alourdi entre 2010 et 2011, en lien avec la dégradation de la conjoncture, passant pour les 5 banques de l’échantillon de EUR 14 mds à EUR 37 mds. Le creux conjoncturel passé, les flux de nouvelles provisions baissent, les prêts des emprunteurs les plus fragiles étant déjà été provisionnés ou les pertes comptabilisées. La baisse des taux d’intérêt appliquée aux nouveaux prêts, entamée en 2013, a aussi contribué à améliorer la solvabilité des emprunteurs. Les effets de la conjoncture morose ont ainsi été en partie atténués, contribuant à la baisse du ratio du coût du risque.

Finalement, la baisse en 2017 du ratio du coût du risque des plus grandes banques italiennes suggère l’absence de nouvelle dégradation de la qualité de leur portefeuille.

LA CHINE DANS LE COLLIMATEUR DES ETATS-UNIS Publié le 4 juil. 2018 par Catherine STEPHAN
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Les Etats-Unis ont fait de la réduction de leur déficit commercial (USD 795,7 mds en 2017) un enjeu majeur. La Chine, dont la part dans ce déficit s’élève à USD 375,6 mds, est particulièrement visée. Les deux pays ne sont pas parvenus à s’entendre et semblent engagés dans une logique de surenchère.

La Chine a annoncé des mesures de représailles après que les Etats-Unis ont décidé, le 15 juin, d’une taxe additionnelle de 25% sur les importations de certains produits chinois pour un montant avoisinant USD 50 mds. Elle prévoit ainsi d’instaurer une taxe de 25% sur USD 50 mds d’importations de marchandises américaines, ce à quoi les Etats-Unis ont répondu qu’ils augmenteraient de USD 200 mds le montant des importations en provenance de Chine soumises à des droits de douane additionnels de 10%. Et si la Chine devait exercer de nouvelles représailles, ce montant augmenterait à nouveau de USD 200 mds.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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