Graphiques de la semaine
MEXIQUE, NOUVEAUX DOUTES Publié le 14 nov. 2018 par Hélène DROUOT
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Alors qu’il avait annoncé son intention de mener une politique pragmatique au lendemain de son élection le 1er juillet dernier, Andres Manuel Lopes Obrador (AMLO) semble revenir sur ses déclarations. Fin octobre, suite à une consultation publique controversée, le nouveau président a annulé le projet d’aéroport de Mexico City. Il a également annoncé sa volonté de modifier la constitution dès son arrivée au pouvoir le 1er décembre prochain, afin d’élargir le champ des consultations publiques aux questions budgétaires notamment.

Ces déclarations suscitent de nombreuses inquiétudes concernant, en particulier, le respect de la discipline budgétaire et l’avenir de la réforme énergétique (amorcée par le précédent gouvernement). Le sentiment des investisseurs s’est dégradé, provoquant la chute de l’indice boursier du pays et du peso mexicain.

Depuis octobre 2017, la Réserve fédérale américaine (Fed) réduit progressivement la taille de son bilan en limitant le montant de ses réinvestissements à échéance. Mécaniquement, cela a pour effet de dégonfler les réserves des banques auprès de la Fed.

Afin de préserver leurs ratios de liquidité à court terme (LCR)1, certaines banques ont renforcé leur détention de titres souverains ou réduit leur recours aux financements dits « de gros » non garantis. D’autres ont récemment accru leurs emprunts sur le marché des fed funds (où les établissements disposant d’un compte auprès de la Fed s’échangent leurs avoirs en banque centrale). La garantie publique dont jouissent les Federal Home Loan Banks2 et leur importante capacité de prêt sur ce marché n’y sont pas étrangères. Leurs prêts, considérés comme des dépôts du secteur officiel, sont relativement peu pénalisés (leur probabilité de reconduction est supposée élevée et la sortie théorique de trésorerie associée, faible) et permettent aux banques de regonfler leur stock d’actifs liquides.

1 Cette norme impose aux banques de détenir suffisamment d’actifs liquides de haute qualité, telles que les réserves en banque centrale, pour faire face aux sorties nettes de trésorerie qu’occasionnerait une grave crise de liquidité d’une durée de 30 jours.

2 Réseau régional de 12 coopératives de crédit chargé de soutenir le financement du marché immobilier par le biais de prêts collatéralisés (advances) à ses membres

FRANCE : ESTIMATION DE L'ÉCART DE PRODUCTION EN TEMPS RÉEL Publié le 31 oct. 2018 par Hélène BAUDCHON
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Positionner l’économie dans son cycle est un exercice nécessaire mais entouré d’incertitudes tenant à la difficulté d’estimer l’écart de production, qui est l’indicateur de référence. La mobilisation de différents indicateurs de tensions issus des enquêtes de l’INSEE (taux d’utilisation des capacités de production et soldes d’opinion relatifs au manque de main-d’œuvre et à l’insuffisance de la demande dans l’industrie, les services et le bâtiment) permet de contourner ces écueils et de construire une mesure directe et en temps réel de l’écart de production et, autre avantage, peu sujette à révision.

 

Cette approche alternative reproduit bien l’écart de production tel qu’estimé par la Commission européenne, ce qui amène à considérer son évolution récente comme donnant une indication plus juste du degré d’avancement du cycle : en l’occurrence, celui-ci serait plus avancé que ce qu’indique l’écart de production traditionnel. Et la version trimestrielle donne même des signes de plafonnement, qui pourraient être annonciateurs, non pas de la fin du cycle, mais de son possible point haut.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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