Graphiques de la semaine
ZONE EURO : CONTRIBUTIONS À L'INFLATION TOTALE Publié le 23 mai 2018 par Thibault MERCIER
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Le graphique montre la contribution respective des principales composantes de l’inflation totale (inflation sous-jacente, énergie, alimentation). On voit que le pic d’inflation à 2%, constaté au tournant de l’année 2017, a été essentiellement dû à la composante énergie. L’inflation sous-jacente, de son côté, est restée beaucoup plus stable, ce qui explique le maintien d’une politique monétaire très accommodante par la BCE.

La tendance haussière des prix du pétrole à l’œuvre actuellement devrait à nouveau tirer l’inflation totale à la hausse dans les prochains mois. Reste à voir comment réagira la composante sous-jacente, et donc la BCE, cette fois-ci. Une hausse des prix de l’énergie est une source de risque pour l’économie européenne alimentant la prudence de la BCE. Mais avec un marché du travail plus tendu, notamment au nord de la zone euro, la BCE sera également attentive aux éventuels effets de second tour.

Le cours du baril de pétrole s’est nettement affermi depuis le début de l’année, affichant une moyenne de USD 70 contre USD 54 en 2017. Même s’il est difficile de savoir si cette dynamique durera, c’est une bonne nouvelle pour l’économie algérienne dont le secteur des hydrocarbures génère la quasi-totalité des exportations et 40% des revenus budgétaires. Pour autant, cette hausse reste insuffisante.

Le budget de 2018 marque une nette inflexion de la politique du gouvernement. Après deux années de consolidation, les dépenses budgétaires devraient augmenter fortement. Dès lors, l’Algérie aura besoin d’un baril à USD 105 pour restaurer l’équilibre de ses comptes publics, soit 20 dollars de plus qu’en 2017. C’est plus que pour ses pairs régionaux, soulignant la nécessité de poursuivre les réformes visant à réduire la dépendance du pays à l’égard de la manne pétrolière. Ces réformes attendront 2019 dans le meilleur des cas.