Graphiques de la semaine
ETATS-UNIS : EFFECTIFS SALARIÉS DU SECTEUR NON AGRICOLE Publié le 18 oct. 2017 par Alexandra ESTIOT
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Le mois de septembre a mis un terme à 83 mois de hausse ininterrompue de l’emploi aux États-Unis. Si rien n’est incorrect dans cette phrase, elle ne dit pas moins une contre-vérité. Certes, le rapport emploi fait état d’un recul de 33 000 postes des effectifs non agricoles en septembre. Cependant, cette (modeste) baisse est entièrement imputable aux ouragans et au chômage temporaire induit.

Entre juin et août, l’économie américaine a créé 172 000 emplois par mois en moyenne. Sur cette base, on en déduit que les ouragans ont pesé à hauteur d’environ 200 000 postes sur les données de l’emploi, postes qui réapparaîtront très probablement en octobre qui pourrait enregistrer un bond notable de l’emploi non agricole, aux alentours de 370 000. Il est très probable, même si cela n’obéit pas à une logique intuitive, que ce rebond s’accompagne d’une décélération des salaires. Et ce pour une bonne raison : les emplois temporairement détruits en septembre l’ont principalement été dans des secteurs peu rémunérateurs et c’est dans ces mêmes secteurs qu’ils réapparaîtront en octobre. En septembre, 111 000 emplois ont été perdus dans les loisirs et l’hôtellerie, où le salaire horaire moyen se limite à USD 13,47, soit 61 % de la moyenne nationale. Il s’en est suivi une hausse artificielle du salaire horaire moyen et une accélération du glissement annuel (de 2,4% en août à 2,5% en septembre), qui sera probablement corrigée en octobre : le glissement annuel pourrait alors revenir à 2,3%. En résumé, il faut s’attendre à des évolutions surprenantes sur le marché du travail aux États-Unis au mois d’octobre.

Sur la période 2014-2016, les entrées nettes de capitaux étrangers se sont réduites et les sorties nettes de capitaux résidents se sont accrues, notamment à cause de la dégradation des perspectives économiques chinoises et des changements des anticipations de taux de change, dans un contexte d’ouverture du compte de capital, de réforme du régime de change et d’expansion à l'international des entreprises locales. Ces dynamiques ont contribué à la réduction des réserves de change (-20% entre fin 2013 et fin 2016) et à la dépréciation du renminbi contre le dollar (-14%).

Les autorités ont renforcé progressivement les contrôles sur les sorties de capitaux depuis la mi-2015. Les sorties nettes de capitaux (flux de dette et investissements de portefeuille) se sont réduites, et les flux nets d’investissements directs sont même redevenus positifs au T2 2017 (cumul glissant sur 4 trimestres). Les investissements directs étrangers en Chine sont restés sur la pente descendante entamée en 2014, mais les investissements directs chinois à l’étranger se sont contractés depuis le T4 2016 en réponse au durcissement des restrictions. En 2017, les réserves de change ont pu se redresser (USD 3109 mds en septembre) et le renminbi s’est réapprécié contre le dollar.

PORTUGAL : INVERSION DE TENDANCE POUR LES CRÉANCES DOUTEUSES Publié le 4 oct. 2017 par Thomas HUMBLOT
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La recapitalisation de la Caixa Geral de Depósitos et de Millennium-BCP, ainsi que la restructuration d’une partie du portefeuille de Banco BPI sont autant d’exemples d’initiatives engagées par les banques portugaises afin d’assainir leur bilan. L’amélioration de la qualité des actifs bancaires a également été favorisée par l’une des croissances les plus dynamiques de la zone euro et un taux de chômage divisé par près de 2 en l’espace de quatre ans.

Après avoir culminé à EUR 13,7 mds en août 2015, l’encours des créances douteuses (overdue loans des sociétés non financières) a reculé de 23% (EUR 3,2 mds) pour s’établir à EUR 10,5 mds en juillet 2017. Le ratio de créances douteuses a enregistré toutefois un repli plus modeste de 16,12% à 14,01% sur la même période, en lien avec une contraction de 12% de l’encours total des prêts. L’immobilier et le commerce/tourisme présentent toujours les ratios de créances douteuses par secteur les plus élevés à respectivement 29,48% et 10,11%.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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