Graphiques de la semaine
CHINE : DÉBUT DE RESSERREMENT MONÉTAIRE Publié le 21 juin 2017 par Christine PELTIER
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La banque centrale chinoise durcit les conditions monétaires depuis le T4 2016, notamment via la hausse des taux repo et des taux sur ses « facilités de financement ». Les premiers effets sont visibles sur le marché interbancaire, où la progression des financements consentis aux institutions financières non bancaires a fortement ralenti, et sur le marché obligataire où les taux ont augmenté rapidement et les émissions marqué le pas, mettant un terme à plusieurs années de solide expansion.

Pour le moment, la progression des crédits à l’économie mesurés par le « financement social » n’a pas vraiment ralenti. La croissance des prêts bancaires a décéléré légèrement au T1 2017 pour ré-accélérer en avril et mai (atteignant 12,8% g.a.), et le fléchissement des émissions obligataires a été en partie compensé par le rebond des trust loans. On peut néanmoins s’attendre à un ralentissement modéré de la progression de la dette interne à court terme, en supposant que les autorités maintiennent le cap d’un resserrement prudent et continuent de renforcer le cadre réglementaire dans le secteur financier.

QATAR : LES SANCTIONS ACCROISSENT LA VULNÉRABILITÉ DU PAYS Publié le 14 juin 2017 par Pascal DEVAUX
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A leur niveau actuel, les conséquences des sanctions imposées à l’encontre du Qatar sont soutenables : des voies commerciales alternatives sont utilisées et les deux forces principales du Qatar - les exportations de GNL et le fonds souverain (+ de 200% du PIB) - restent préservées.

Mais ces tensions s’inscrivent dans un contexte en dégradation, la stagnation de la production d’hydrocarbures et la baisse des prix du pétrole ayant significativement entamé la croissance économique (3,9% en moyenne depuis 2012 contre 16% entre 2007 et 2010).

Par ailleurs, pour mettre en œuvre 200 mds d’USD (annoncés) d’investissements en infrastructures dans le cadre du plan Vision 2030 et de la Coupe du Monde 2022, l’émirat a eu recours à l’endettement extérieur estimé à environ 80% du PIB (hors banques) en 2016. Parallèlement, la position extérieure nette du secteur bancaire est négative à hauteur de presque 30% du PIB contre 3,9% en 2014. La capacité du Qatar à maintenir son accès au financement extérieur est donc cruciale ; une extension des sanctions vers le secteur financier affecterait significativement les perspectives économiques. Le recours au fonds souverain est possible mais contraint : certains actifs sont faiblement liquides et une forte proportion est constituée d’actifs domestiques.

CLIMAT : LES ETATS-UNIS QUITTENT L'ACCORD DE PARIS Publié le 7 juin 2017 par Raymond VAN DER PUTTEN
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La semaine dernière, le président américain Donald Trump annonçait le retrait de son pays de l’accord sur le climat signé à Paris. Celui-ci vise à limiter le réchauffement climatique mondial sous le seuil des 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette décision porte un coup sérieux à cet accord sur le climat, les Etats-Unis étant un de plus grand émetteur de GES (le 2e après la Chine), mais aussi de carbone par habitant (loin devant l’Europe, la Chine et l’Inde).

Néanmoins, l’engagement en faveur du climat reste fort au niveau mondial. Même en l’absence de réglementation, les entreprises ont déjà anticipé l’évolution de la législation, en intégrant par exemple le prix du carbone dans leurs décisions d’investissement. Une telle démarche s’explique par les pressions de plus en plus fortes exercées par le secteur financier sur l’industrie pour réduire les émissions de GES. Les investisseurs exigent de plus en plus des informations relatives aux impacts sur le climat pour mieux évaluer leur exposition à ce type de risque.

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Chine : montée de la dette des ménages 15/03/2017
La dette chinoise est excessivement élevée et continue d’augmenter. Le ratio de dette interne sur PIB s’élevait à 210% fin 2016, contre 160% en 2011 (hors dette du gouvernement central et hors composantes du shadow banking qui n’apparaissent pas dans les statistiques officielles de crédits à l’économie). Alors que la dette des entreprises est la source principale des risques de crédit pesant sur le système financier, la progression récente de l’endettement interne s’explique surtout par la montée de la dette des ménages (43% du PIB en septembre 2016). Celle-ci a notamment été tirée par la forte croissance des prêts aux logements. La qualité des actifs des banques pourrait donc à l’avenir devenir plus vulnérable à la baisse des prix immobiliers.
Pékin face à la menace des sorties de capitaux 03/02/2017
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La détermination des autorités à maintenir "la stabilité" jusqu'au 19ème Congrès du Parti de l'automne 2017 ne fait aucun doute. Néanmoins, les risques baissiers sur les perspectives de croissance à court terme sont élevés, ne serait-ce qu'à cause de la possibilité d'un nouveau retournement du marché immobilier ou d'une montée des tensions commerciales avec les Etats-Unis. La dynamique des comptes externes pourrait aussi générer de l'instabilité. Les pressions sur le yuan et les sorties de capitaux se sont accrues depuis quelques mois, et devraient persister à court terme. La baisse des réserves de change et la dépréciation du yuan devraient alors se poursuivre. Pour les limiter, les autorités n'hésiteront pas à introduire d'autres mesures de contrôle des capitaux.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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