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Corée du Sud : les perspectives restent bonnes

05/10/2018

La Corée du Sud vient de signer un accord commercial avec les États-Unis, preuve supplémentaire de l’apaisement des tensions géopolitiques. Les perspectives économiques restent favorables pour le pays, même si celui-ci ne sera pas épargné par les effets de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

Hélène DROUOT

TRANSCRIPT // Corée du Sud : les perspectives restent bonnes : octobre 2018

François Doux : Un traité commercial vient d’être signé entre la Corée du Sud et les États-Unis. Qu’est-ce que cela signifie pour la Corée dans le contexte actuel de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ?

 

Hélène Drouot : La signature de ce traité est une bonne nouvelle sur le plan politique parce qu’elle prouve que la Corée du Sud maintient de bonnes relations avec les États-Unis. Plus largement, la signature du traité s’inscrit dans la « stratégie d’apaisement »portée par le président coréen depuis son arrivée au pouvoir en mai 2017. Cette stratégie est pour le moment efficace puisque les relations avec la Corée du Nord s’améliorent progressivement, comme on a pu le constater au cours du mois de septembre lors de la troisième rencontre des deux dirigeants coréens.

Dans les faits, l’accord n’apporte pas vraiment de nouveauté puisqu’il ne modifie qu’à la marge les conditions qui prévalaient jusqu’alors dans le traité en vigueur depuis 2012.

 

François Doux : La Corée sera-t-elle épargnée par la guerre commerciale entre la Chine et la Corée ?

 

Hélène Drouot : Non, probablement pas. Bien que la hausse des tarifs douaniers vise exclusivement les deux pays, la liste des produits concernés est principalement composée de produits high-tech, ce qui inclut les composants électroniques. Par nature, ces produits sont dépendants des chaînes de valeur qui gravitent autour de la Chine comme un centre technologique, c’est-à-dire que les pays de la région exportent des produits intermédiaires vers la Chine qui les transforme et les exporte à son tour. Les restrictions commerciales imposées à la Chine toucheront donc toute la région. Les pays les plus affectés seront ceux pour lesquels l’exposition directe à la Chine et aux États-Unis est élevée, mais également ceux dont l’intégration aux  chaînes de valeur mondiale et régionale est forte.

C’est le cas de la Corée du Sud qui est très intégrée aux chaînes de valeur régionale et mondiale. Ses exportations à destination de l’Asie dans son ensemble représentent plus de 50% du total.

 

François Doux : Dans ce contexte, quelles sont les perspectives de croissance pour la Corée ?

 

Hélène Drouot : Elles restent plutôt bonnes : les entreprises du secteur électronique sont en très bonne santé et les investissements coréens se diversifient depuis quelques années. Les entreprises coréennes investissent de plus en plus aux États-Unis ou au Vietnam, par exemple, alors que les investissements en Chine restent stables. Cela traduit leur volonté de se rapprocher de la demande finale. Surtout, au niveau macroéconomique, la dette publique se situe à seulement 40% du PIB, l’inflation est basse et la vulnérabilité extérieure est très faible, ce qui laisse aux autorités coréennes les atouts nécessaires pour soutenir l’économie.

 

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