eco TV Week

Perspectives 2018 : plus de croissance, plus de risques…

01/12/2017

L'OCDE (l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques) vient d’actualiser ses prévisions de croissance mondiale. Si l’embellie se confirme, elle est inégale et recouvre un certain nombre de risques.

Jean-Luc PROUTAT

TRANSCRIPT // Perspectives 2018 : plus de croissance, plus de risques… : décembre 2017

La croissance mondiale accélère. Pour l’OCDE, elle devrait atteindre 3,7% en 2018, son rythme le plus rapide depuis 2010. Tous les pays sont concernés, émergents ou avancés.

La première économie mondiale, celle des Etats-Unis, cheminerait sur une pente à 2,5% par an, tout comme l’Allemagne. La croissance française serait proche de 2%.

La Chine et l’Inde maintiendraient un rythme d’expansion rapide, voisin de 6,5% et 7% par an respectivement. Sortis de récession en 2017, le Brésil et la Russie confirmeraient leur mieux.

Pour l’OCDE, les politiques économiques accommodantes menées de par le monde ont largement contribué l’embellie.

L’orientation des politiques budgétaires s’est par exemple assouplie dans la zone euro ; elle a été franchement pro-cyclique en Chine et au Japon.

Surtout, les banques centrales ont maintenu des taux d’intérêt bas, ce qui a produit deux effets se renforçant l’un l’autre.

Le premier a été de soutenir, via le crédit, la dépense privée, notamment la consommation des ménages et les achats de logements.

Le second a été d’alimenter une hausse généralisée du prix des actifs, financiers et immobiliers.

C’est ici que le diagnostic de l’OCDE s’assombrit quelque peu. Pour l’Organisation, l’évolution des cours de Bourse, ou encore celle des prix de l’immobilier, est sans rapport avec celle des « fondamentaux », beaucoup plus mitigés.

Les gains de productivité et les hausses de salaires demeurent, en effet, modestes. La détérioration de la qualité des emplois ou encore le manque d’investissement des entreprises sont également  soulignés.

La conjoncture économique repose de plus en plus sur une combinaison d’endettement et d’effets de richesse, ce qui la rend fragile, notamment face au risque de remontée des taux d’intérêt.

Face à cela, l’OCDE formule plusieurs recommandations.

Elle exhorte notamment les gouvernements à coopérer et engager des actions visant à renforcer le potentiel et la résilience des économies

En zone euro c’est l’esprit du plan « Junker » engagé il y a quelques années, ou encore du processus d’unification des marchés de capitaux qui, d’après une enquête récente, aurait pour effet de renforcer les investissements en Europe.

Voir plus de vidéos Eco TV Week

Sur le même thème

La crypto-monnaie, une valeur de réserve ? 08/12/2017
La récente hausse fulgurante du cours du Bitcoin a fait la une des médias. Tout en assurant les trois fonctions de la monnaie, on peut douter qu’il s’agisse d’une bonne réserve de valeur étant donnée la perspective de grandes fluctuations de sa valeur par rapport à celle du panier du consommateur.
"Output floor" : à la veille d'un (mauvais) accord ? 06/12/2017
Le 7 décembre, le Groupe des gouverneurs de banque centrale et des responsables du contrôle bancaire (GHOS) pourrait annoncer la finalisation des accords bâlois de régulation bancaire, ajournée depuis un an. Le compromis atteint verrait l’instauration d’un plancher de fonds propres. Les risques pondérés (AMP) calculés à l’aide des modèles internes des banques ne pourront alors plus être inférieurs à une proportion (probablement 72,5%) des AMP qui découlent de l’approche standard. Ce floor unique se heurte à deux écueils. D’abord, les méthodes de calcul des floors, proposées par le Comité de Bâle ou appliquées de part et d’autre de l’Atlantique, varient. Ainsi, aux Etats-Unis, le plancher à 100% imposé par le Collins Amendment s’applique à une base de calcul restreinte, qui n’englobe pas le risque opérationnel notamment. Il en résulte que l’exigence de floor américaine est moins contraignante qu’il n’y paraît (en moyenne, le rapport des AMP avancés aux AMP standards s’établit à 75% après correction). Le maintien d’une définition américaine propre du floor et, par ailleurs, l’éventuel rejet, unilatéral, du nouveau cadre spécifique au trading book (FRTB) par les Etats-Unis iraient à l’encontre de l’harmonisation voulue par le Comité de Bâle. Le second écueil tient à la place relative des banques dans l’intermédiation du crédit et aux différences en matière d’intensité du risque des portefeuilles bancaires. Les modèles internes d’évaluation des risques ne sont certes pas exempts d’imperfections et leur examen, par les superviseurs, demeure indispensable. Néanmoins, la norme de levier bâloise joue déjà le rôle de filet de sécurité que l’on souhaiterait confier au floor ; avec le même inconvénient, celui de pénaliser davantage les « bons » risques plutôt que les « mauvais ».
L'Aléna dans tous ses états 30/11/2017
Donald Trump a donné le coup d’envoi à la renégociation de l’Aléna en mai 2017. Les propositions qui visent à inclure un chapitre sur l’économie numérique et à conforter les dispositifs actuels de l’accord trouvent un écho plutôt favorable, vingt-trois ans après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain. D’autres, comme le durcissement des règles d’origine et la modification des recours commerciaux, suscitent l’inquiétude.
D’une absence de volatilité vers une volatilité excessive 17/11/2017
Après une longue période de volatilité anormalement basse, les marchés semblent être maintenant dans un mode d’extrême volatilité en comparaison des données économiques. Les préoccupations sur l’avenir ont pu augmenter, mais les perspectives de croissance et de politique monétaire devraient être des facteurs de soutien.
Le comportement des marchés: facteur d’attention des économistes 13/11/2017
La bonne tenue des marchés financiers, dont la succession de records à Wall Street n’est qu’une illustration parmi d’autres, retient de plus en plus l’attention des économistes. Facteur de soutien indéniable à la croissance, elle pose aussi la question de la sensibilité à un changement des perspectives monétaires et économiques.
Accélération et normalisation 18/10/2017
La croissance économique accélère dans différents endroits du monde (Europe, Amérique, Asie...), un regain d’activité qui profite au commerce international et aux marchés financiers. La reprise n’en est plus au stade des balbutiements, y compris en zone euro, où elle se renforce avec la consommation et le crédit. Les pressions inflationnistes restent toutefois contenues, sauf, dans une certaine mesure, en Allemagne. Dans ce contexte, la normalisation des politiques monétaires - celle de la Réserve fédérale américaine, qui réduit la taille de son bilan, et celle de la Banque centrale européenne, qui en limite l’accroissement - est prudente. La pression haussière exercée sur les rendements obligataires devrait être limitée.
Hercule, Sisyphe et la politique monétaire 13/10/2017
Optimiste, le FMI estime néanmoins la reprise incomplète. Le Fonds se dit également préoccupé par le comportement des investisseurs en quête de rendement. La politique monétaire ne peut pas tout, surtout face à des objectifs multiples.
Education : Augmenter les salaires des enseignants améliore la réussite scolaire 06/09/2017
La rentrée scolaire est un bon moment pour réfléchir à l'efficacité des dépenses en matière d'éducation. Une simple corrélation entre ces données et les résultats de PISA confirme le lien positif entre rémunération des enseignants et résultats scolaires. La Finlande et l'Estonie, les meilleurs élèves de l'OCDE selon PISA, sont aussi les pays qui rémunèrent le mieux leurs professeurs ; les mauvaises performances des Etats-Unis et de l'Italie peuvent en partie être attribuées à la faiblesse des salaires des enseignants. Toutefois, augmenter ne suffit pas. La taille des classes, la qualité des infrastructures et les politiques menées contre les inégalités scolaires sont tout aussi importantes. Ainsi, les salaires des enseignants sont relativement bas en République tchèque qui dépense davantage en matériel. Une répartition des dépenses qui a néanmoins permis à ce pays de dépasser son voisin la Slovaquie dans le classement PISA.
Après les mots, l’heure est à l’action 01/09/2017
En matière de politique économique, l’agenda de la fin de l’année est bien rempli. La BCE devrait clarifier ses intentions en matière d’assouplissement quantitatif (QE). La Réserve fédérale, quant à elle, annoncera vraisemblablement le démarrage de la réduction de la taille de son bilan. Les regards sont également tournés vers les Etats-Unis (baisse d’impôts ?), la France et l’Allemagne.
Ni satisfaisant ni préoccupant 28/07/2017
Le FMI prévoit une légère accélération de la croissance. Le rebond européen aidant, ce scénario est assorti d’un risque haussier à court terme… mais baissier à moyen terme.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1676 articles et 433 vidéos